wilfried
19.08.10

La Vierge de Kibeho, tam-tam de Dieu

Dans l'Afrique traditionnelle, pour communiquer avec les habitants éloignés, on utilisait plusieurs moyens dont le tam-tam et la trompette. Il fallait se rendre sur un lieu élevé, sur une colline. Cette communication était bien répandue dans toutes les parties de l’Afrique et surtout dans les zones montagneuses. Le pays qui peut se vanter d'avoir user au maximum de ce moyen de communication est bien le Rwanda, pays de milles collines. De part sa géographie, le Rwanda est un petit riche en belles petites et grandes montagnes. Ce relief, jouant un rôle important pour l'économie du pays, offrait également un avantage dans la communication. Parlait sur une montagne, est un signe de vouloir être écouté par tous. Ainsi pour communiquer certains événements, les habitants se rendaient sur une des collines et utilisaient les différents moyens de communication précités. Cette même méthode, qu'on croyait désormais délaissée et dépassée par les nouveaux moyens de communication, a été utilisée de nos jours par Dieu pour s'adresser à son peuple.

Pour ce faire, Dieu s'est servi d'un instrument, son instrument fidèle, son tam-tam, Marie, pour dire au monde qu'il l'aimait. Sur une des milles collines du Rwanda, Kibeho, Dieu a fait entendre sa voix. C'est vrai, à ces temps qui sont les derniers, Dieu parle par son propre Fils: c'est ce qu'il a fait en utilisant la Mère du Verbe, Marie de Kibeho:
- Vierge de Kibeho a été le son de ce tam-tam qui jadis rassemblait les peuples. Ce tam-tam ne pouvait être mieux entendu par un grand nombre que sur une montagne. Juste sur la colline de Kibeho, retentit la voix de Marie, appelant ses fils à se rassembler pour écouter son Fils, Jésus. A ceux qui répondent à cet appel, ceux qui acceptent de se rassembler, un message plutôt vieux cependant tout nouveau de sorte, qu'en arrivant à l'oreille semble être entendu pour la toute première, est adressé à tous. Sur Kibeho, ce même Jésus prêche la bonne nouvelle de Dieu et dit : Convertissez-vous et croyez à l’Évangile, à la bonne nouvelle. Si elle est la Mère du Verbe, elle est aussi celle qui aide les rassemblés à pénétrer dans le mystère du Verbe, c'est-à-dire de la Parole. Et parce qu'elle est la Mère du Verbe, celle qui savait conservait toutes ces paroles dans son cœur, elle est donc l'unique capable pour nous aider à intégrer l'appel à la Conversion.
- Vierge de Kibeho est ce tam-tam qui jadis invitait à la fête. Ce son tam-tam invite à la fête africaine. En Afrique d'antan, le moment de fête est une occasion de joie, un moment où l'on danse, l'on boit, l'on mange. La fête africaine, est une fête pour tous; la joie d'un habitant, est la joie de tout le village; le bonheur d'une colline se répand sur toutes les milles du pays. C'est ça Kibeho. La fête à laquelle invite la présence de Marie, est, en fin de compte, une fête de toute l'humanité. Les invités mangent du vrai pain, le pain de la vie et boivent du bon vin, le vin du salut; cette fête c'est le banquet eucharistique où Jésus se donne; où Jésus donne son corps et son sang pour le salut de tous. À la fin du tel repas, aucun des invités ne reste indifférent car chacun danse et chante: Mon âme exalte le Seigneur et exulte mon esprit en Dieu mon sauveur.
- Vierge de Kibeho est ce tam-tam qui appelle au deuil. Eh oui, les moyens de communication en Afrique d'antan avait différentes manières de retentir et chaque son invitait à un événement différent. Si le Fils appelait à la conversion, c'est parce que monde allait (et va) mal. La Mère l'a constaté aussi. Et les conséquences de ce mal, du péché, sont bel et bien visibles. Le monde va mal (Cfr message de Marie à Kibeho): la haine, les injustices de tout genre, l'exploitation du pauvre par le riche, l’égoïsme...tout ceci culminant dans un bain de sang, transformant le monde en un endroit des pleurs, un endroit de haine, ...Juste sur Kibeho où eut lieu un des massacres sanglants de l'histoire de l'humanité, Marie invite à un recueillement, à un deuil chrétien: c'est à dire, un moment de prière pour les morts, pour les victimes de guerres; un moment de retour en soi, un moment de demande de pardon, un moment de conversion. Ce deuil auquel elle nous invite, est un temps où, en rencontrant Jésus dans l'Eucharistie, nous prenions courage de vivre, où l'odeur amer de la mort est changée en joie sublime de la vie.
Ainsi, en dernière analyse, la Mère du Verbe, la Vierge de Kibeho, est ce son tam-tam qui réveille, qui invite à la fête, qui fait écho à cette phrase: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Wilfried Mushagalusa, SDB

1 commentaire

# Jean Bosco on 21.08.10 at 16:22

molto bene fatto….
mi piace questo articolo….